mercredi 15 avril 2015

Activités Physiques Adaptées : Quand le sport et la santé vont de paire



L’écho des seniors, Le Magazine des Seniors, mercredi 26 février 2014
http://l-echo-des-seniors.fr/

Activités Physiques Adaptées : Quand le sport et la santé vont de paire 

Encore méconnu du public et pourtant promis à un grand avenir, le métier de professeur d’Activités Physiques Adaptées (APA) ne cesse de se développer. Nous avons rencontré Stéphane Dijoux, enseignant de cette discipline qui œuvre au quotidien pour apporter des prises en charge adaptées aux besoins biologiques et psycho-sociaux des personnes en situation de handicap, quel que soit leur âge. 

Comment avez-vous découvert cette activité ? 

Stéphane Dijoux : Après une première année d’études en psychologie, j’ai découvert par hasard en 1999-2000, l’existence d’une option  « Activités Physiques Adaptées » proposée par la Faculté des Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS). Féru de sport et sensible aux handicaps, je m’y suis inscrit l’année suivante.

En quoi consiste la formation ?

Stéphane Dijoux : Nous disposons d’une formation universitaire sur l'activité physique et sportive et la santé, de niveau bac+3, bac+5 voire Bac+8 pour certains… En ce qui me concerne, une partie de ma formation s’est déroulée au sein du service de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) de Salins Les Bains, dispensée par le médecin-chef et les Enseignants en Activité Physique Adaptée et Santé (EAPA-S). J’ai eu alors la chance d’être sensibilisé aux diverses approches proposées par des équipes pluridisciplinaires : Educateurs Spécialisés, Assistantes Sociales, Psychologues, Professeurs APA-Santé, Ergothérapeutes, Psychomotriciens, Kinésithérapeutes, Educateurs Sportifs, etc.

Et votre parcours professionnel ?

Stéphane Dijoux : Je suis devenu Professeur APA-S en 2005 au service de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) Polyvalent de l’hôpital Local Loewel/Haslach de Munster en Alsace. En parallèle de mon activité, je me suis engagé pour la reconnaissance de la profession, notamment en devenant membre de la Société Française des Professionnels en Activités Physiques Adaptées (SFP-APA) et en participant à plusieurs travaux engagés par cette association. Je participe enfin à différentes commissions thématiques mises en place par ce réseau (psychiatrie, réglementations, réhabilitation respiratoire, obésité et diabète, cancer etc...)

Face à l’intérêt grandissant de la thématique de l’activité physique des seniors, la SFP-APA travaille en outre à la mise en place d’une commission « APA et personnes âgées ».

Qu’est-ce que l’APA et quel est son rôle ?

Stéphane Dijoux : Le terme APA pour Activité Physique Adaptée est né au Québec en 1970. En France, la formation universitaire STAPS APA s’est développée à partir des années 1980, et la mention APA est apparue dans l’intitulé du diplôme en 1999. Les APA regroupent l’ensemble des Activités Physiques et Sportives, adaptées aux capacités de la personne. Elles sont dispensées auprès des personnes en situation de handicap, et/ou vieillissantes, atteintes de maladie chronique, ou en difficulté sociale, à des fins de prévention, de rééducation, de réadaptation, de réinsertion et d’éducation. 

C’est pendant mes années d’études que j’ai réellement pris conscience du rôle de l’APA. J’ai pu voir les difficultés que les personnes en situation de handicap rencontrent dans leur vie quotidienne. Franchir un trottoir, une pente ou un simple escalier quand on se déplace en fauteuil roulant par exemple, mais également face au regard des autres (condescendance, pitié, ignorance, peur…) 

Dans quels types de structure les professeurs d’APA interviennent-ils ? 

Stéphane Dijoux : La liste est longue, nous intervenons dans plusieurs branches comme le secteur sanitaire (hôpitaux, cliniques, Soins de Suite et de Réadaptation (SSR), Centre de Rééducation Fonctionnelle), le secteur médico-éducatif (Institut Médico-Educatif (IME), Maisons d’Accueil Spécialisé (MAS), Institut Thérapeutique, Educatif et Pédagogique) ou encore le secteur médico-social (principalement en maison de retraite).

Comment se passe la prise en charge d’un patient ?

Stéphane Dijoux : Pendant un séjour en service de rééducation/réadaptation, la prise en charge en APA-S commence par un entretien avec le patient. Après l’évaluation de ses capacités, nous lui proposons un programme personnalisé basé sur une ou plusieurs activité(s) physique(s). La prise en compte des retours du patient au sujet des séances et de ses ressentis est importante et nous permet d’analyser le bilan de sa prise en charge.

La profession est assez récente et encore méconnue, à quoi attribuez-vous ces faits ?

Stéphane Dijoux : Les premiers Professeurs d’Education Physique sous l’autorité du corps médical et au service de la santé existent depuis le début du 19ème siècle donc je ne parlerai pas d’une profession récente. Néanmoins, après avoir été exercée jusque dans les années soixante, l’éducation physique et sportive a laissé progressivement de côté le domaine de la santé pour y revenir 1982, avec la création du diplôme Activité Physique Adaptée (APA), qui est devenu Activité Physique Adaptée et Santé en 2007(APA-S).

La méconnaissance de la profession est due, dans un premier temps, au manque d’intérêt des pouvoirs publics pour l’APA dans un but de santé, mais aussi d’un manque de publications scientifiques (intervention basée sur les preuves) pour justifier de son intérêt. 

De nombreux stéréotypes perdurent également, d’ailleurs, je vous laisse imaginer les freins auxquels les premiers « Profs APAS » ont été confrontés de la part de certains professionnels de santé ou encore des familles, lorsqu’ils ont proposé à des publics fragilisés par l’âge, la maladie ou le handicap de reprendre la marche, le vélo, de faire de la musculation ou de la gymnastique !

Enfin, nous sommes encore trop peu nombreux dans certaines structures et les moyens financiers et matériels sont souvent réduits. Malgré cela, et depuis 2008, tout cela tend à changer car la reconnaissance et l’intérêt pour l’APA en général sont en train d’apporter un nouveau souffle à la profession.

L’enseignant en APA est-il un éducateur sportif ou un professionnel de santé ?

Stéphane Dijoux : Un peu des deux ! Nous devons nous déclarer auprès de l’administration représentant le ministère des Sports en région qui nous délivre notre carte professionnelle d’éducateur sportif, donc oui, nous faisons partie des professionnels de l’activité physique et sportive, mais notre profession, au-delà du simple enseignement et de l’encadrement sportif, éduque aussi nos patients à la santé. Elle conçoit des programmes d’APAS, les présente et les met en place. Comme par exemple dans le secteur sanitaire, où nous intervenons sur prescription médicale, en nous inscrivant pleinement dans le projet de soin, comme les autres professionnels de la santé.

L’APA concerne-t- elle seulement les seniors ? 

Stéphane Dijoux : L’APA-Santé concerne toutes les personnes avec des déficits et des incapacités, des problèmes de santé ou à risques. Elle s’adresse aux enfants, aux adolescents, aux adultes, aux seniors et aux centenaires. Qu’ils soient en institution (IME, IMPRO, MAS, EHPAD, Maison de retraite, SSR), en milieu scolaire ou à domicile. 

Vous intervenez au sein d'équipes pluridisciplinaires, comment se passe la collaboration avec les autres professionnels ?

Stéphane Dijoux : Malgré des débuts difficiles avec certains collègues, la collaboration avec les différents professionnels (médical, paramédical, soins, techniques, …) est, pour ma part, plutôt bonne, voire très bonne. Travailler ensemble, avec un même objectif mais des approches différentes et dans le respect mutuel, est un vrai plus pour les patients.

Certaines difficultés sont parfois liées à la méconnaissance de nos compétences. Je comparerai ça à l’entrée des ergothérapeutes dans le milieu de la rééducation, qui fut difficile avec certains professionnels et où chacun travaillait de son côté pour éviter le conflit, avant qu’ils apprennent à travailler ensemble. L’APA-S se développe, les formations se diversifient et deviennent pluridisciplinaires (par exemple : à Grenoble existe une formation conjointe kiné/APA-S) et ces difficultés, j’en suis sûr, s’atténueront et/ou se régleront avec le temps.

Pour conclure, quels sont les besoins de votre profession aujourd’hui ?

Stéphane Dijoux : L’APA-S est un domaine passionnant, dont le développement est une évidence doublée d’une nécessité. Cela passe par une meilleure reconnaissance de la profession. 
Pour reprendre les propos de Madame la Ministre Valérie Fourneyron : « Le sport plutôt qu’une longue liste de médicaments, le sport qui permet de diminuer l’hypertension ou l’insuline de nos diabétiques, c’est une idée qui doit faire son chemin. Le sport joue un rôle thérapeutique. Cela doit être dit et redit sans cesse par les médecins, ainsi que par les professionnels de la santé…Les personnes « à besoins particuliers » méritent également toute notre attention : je pense aux seniors en perte d’autonomie ou aux personnes atteintes de pathologies chroniques. Tous ceux pour lesquels l’activité physique encadrée est particulièrement recommandée ».
François Hollande aime rappeler que la crise ne rend pas le sport moins nécessaire mais qu’elle le rend encore plus indispensable. Avec Marisol Touraine, nous nous inscrivons complètement dans ce propos. Nous voulons inscrire dans la durée cette ambition partagée, interministérielle, de faire du sport un outil majeur de santé publique dans notre pays. » Nous ne pouvons que souhaiter que ces discours deviennent des actes cohérents.

Propos recueillis par G.Gauthier le 21 Février 2014

Pour rencontrer les professionnels et obtenir davantage d’informations, rendez-vous les 28 & 29 Mai 2015 à Bobigny où se tiendra le Second Congrès des professionnels en APA. 

Liens utiles : www.cnp-apa.sfp-apa.fr ; www.sfp-apa.fr ; www.activites-physiques-adaptees.fr ;  

Vous pouvez suivre l'actualité des enseignants en Activités Physiques Adaptées & Santé (EAPAS) sur  sfp-apa.fr , Facebook et sur Twitter,
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mardi 23 décembre 2014

2ème Congrès National des Professionnels des Activités Physiques Adaptées : Mai 2015


*«Le sport plutôt qu’une longue liste de médicaments, […] Le sport joue un rôle thérapeutique. …Les personnes « à besoins particuliers » méritent …toute notre attention : je pense aux seniors en perte d’autonomie ou aux personnes atteintes de pathologies chroniques. Tous ceux pour lesquels l’activité physique encadrée est particulièrement recommandée ».
« François Hollande aime rappeler que la crise ne rend pas le sport moins nécessaire mais qu’elle le rend encore plus indispensable.
Avec Marisol Touraine**, nous nous inscrivons complètement dans ce propos. Nous voulons inscrire dans la durée cette ambition partagée, interministérielle, de faire du sport un outil majeur de santé publique dans notre pays.»

Valérie Fourneyron, Ancienne ministre des Ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative
* Seul le prononcé fait foi. Présentation du 14 décembre 2012  aux directeurs généraux des Agences Régionales de Santé (ARS) Priorité Sport-Santé

** Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes
Depuis cet engagement politique, le Sport -Santé  et l’activité physique dans un but de santé, n’ont cessé de se développer.
Le concept d’Activité Physique Adaptée (APA) existe depuis le début du 19ème siècle . Il fut initié par les premiers Professeurs d’Education Physique sous l’autorité du corps médical et au service de la santé. Néanmoins, après avoir été exercée jusque dans les années 60 , l’éducation physique et sportive a laissé progressivement de côté le domaine de la santé pour y revenir en 1982, avec la création du diplôme Activité Physique Adaptée (APA), qui est devenu Activité Physique Adaptée et Santé en 2007(APA-S).
Le terme APA pour Activité Physique Adaptée quant à lui est est né au Québec en 1970.
Les professionnels qui enseignent les activités physiques Adaptées (Enseignants APAS), depuis plus de 30 ans, dans les associations, fédérations, comités sportifs, instituts de recherches, hôpitaux, centres,…ou en libéral, ont largement participé à cette avancée (travaux de recherches, publications, prise en charge,…).
Cet engouement et cette mobilisation représentent une vraie avancée dans notre pays mais l’enjeu doit être et rester de garantir des prises en charge de qualité à toute personne, qu’elle soit dépendante, fragile, en perte d’autonomie ou autonome, dans la pluridisciplinarité et en toute sécurité.
C’est dans cet objectif que nous devons travailler et construire ensemble le Sport-Santé et l’Activité Physique Adaptée Santé de demain!

Soyons nombreux, professionnels APA-S,  patients, médecins, fédérations, …, à venir communiquer et partager notre expérience lors de cette seconde édition du Congrès National des Professionnels des Activités Physiques Adaptées (CNP-APA) qui se tiendra au sein de l’unité de formation et de recherche Santé, Médecine et Biologie Humaine (UFR SMBH) de l’université Paris Nord

à Bobigny, les 28 et 29 mai prochains.

Le premier CNP-APA avait traité principalement : pour rappel!
– du rôle et de la place qu’occupe l’Enseignant en Activités Physiques Adaptées dans les dispositifs de prise en charge de personnes à besoins spécifiques (personnes handicapées, malades chroniques, seniors, en difficulté d’insertion) ;
– des recommandations internationales en terme d’Activités Physiques Adaptées (APA) pour la santé et des expériences de terrain dans le domaine du cancer, des maladies respiratoires chroniques, de l’obésité et de la psychiatrie ;
– des compétences spécifiques et la charte de bonnes conduites des professionnels des APA.

Ce second rendez-vous,  sera l’occasion d’apporter votre contribution à une réflexion sur la reconnaissance de l’APA et de ses professionnels dans les différents secteurs du sanitaire, du médico-social, de la recherche et du libéral. Votre expertise est essentielle sur ces sujets importants que sont : les formations, la pluridisciplinarité, les diplômes, le statut, le libéral, l’Economie Social et Solidaire (ESS),…

C’est pourquoi, je l’espère, nous serons aussi nombreux que lors du 1er congrès à répondre à cet appel : https://docs.google.com/forms/d/12hPOXPO1QEIY_u6vKjbOezTroUUi2iraj9NgheNw5kc/viewform?c=0&w=1 …

Pour suivre les actualités en live :
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